10 meilleures actions à haut rendement à détenir pour préparer votre retraite

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Les actions à haut rendement attirent une masse d’investisseurs particuliers soucieux de préparer leur retraite. Bon nombre d’entre elles offrent un rendement généreux et nettement supérieur à l’inflation.

Néanmoins, partir à la chasse au rendement peut vous coûter cher. Toutes les actions à haut rendement ne valent pas la même chose. Je vous invite à changer votre logiciel de pensée. Qui dit rendement élevé signifie prime de risque plus élevée.

Vous ferez mieux d’éviter des entreprises avec un payout ratio supérieur à 100 %. Pourquoi ? Parce qu’elles distribuent plus que leurs bénéfices sous forme de dividendes. Si leurs bénéfices ne reviennent pas rapidement à un niveau acceptable, le dividende sera tôt ou tard insoutenable avec une capacité à investir dans le futur amoindrie. De plus, si l’entreprise est très endettée, cela risque d’être un drapeau rouge et noire sur le dividende.

Avant de vous dévoiler les 10 meilleures actions à haut rendement pour préparer votre retraite, commençons par un rappel sur leurs spécificités et les pièges à éviter, puis savoir où les trouver.

 

C’est quoi une action à haut rendement ?

Habituellement, les actions à haut rendement sont des entreprises qui versent un dividende moyennant un rendement supérieur ou égal à 4 %.

 

Rendement dividende S&P 500

Source Multpl.com 17 août 2020

 

Pourquoi 4 % ? Parce que c’est deux fois supérieur à l’inflation fixée à 2 % par la majorité des banques centrales. Parce que c’est un niveau de rendement qui satisfait les investisseurs qui préparent et financent leur retraite.

Vous pouvez voir de vos yeux que le rendement du dividende du S&P 500 est nettement inférieur à 4 % en moyenne sur les 25 dernières années.

Comme nous sommes à l’ère des taux d’intérêt bas depuis la fin de la décennie 2000, 4 % est considéré comme un rendement élevé. Mais si l’inflation fait son retour comme je le pense avec une stagflation à la clé, il faudra élever le curseur vers 6-8 % sous condition de s’assurer que le dividende soit pérenne.

Un rendement élevé est synonyme de la maturité de la croissance de l’entreprise. Étant donné que l’entreprise n’entrevoit pas de nouveaux relais de croissance, elle n’investit plus autant qu’auparavant. Elle préfère allouer son cash flow aux actionnaires sous forme de dividendes. Les entreprises du secteur de la télécommunication, de l’énergie et des services aux collectivités sont de bons exemples.

Un rendement élevé peut s’expliquer pour des raisons fiscales. Cela concerne des secteurs biens ciblés.

Puis il y a des actions à haut rendement qui s’avèrent être des chausse-trappes. Ce sont généralement des entreprises qui sont structurellement en difficulté mais entretiennent une illusion en versant un dividende qui sera tôt ou tard insoutenable. Leurs fondamentaux intrinsèques se sont dégradés année après année : volatilité sur la croissance des revenus et bénéfices, endettement élevé, instabilité du management, secteur en déclin, réduction de la trésorerie. Les exemples ne manquent pas : Orange, Vivendi, Solocal (Ex-Pages Jaunes), Quadient (Ex-Neopost), etc.

Où trouver les meilleures actions à haut rendement ?

Plusieurs pistes d’investissement s’offrent à vous. Encore faut-il distinguer les avantages et les inconvénients ? Voici quelques unes pour trouver les meilleures actions à haut rendement :

Les REITs (Real Estate Investment Trusts) qui vous permettent d’investir dans l’immobilier à partir d’un montant de capital accessible. Ce sont des entreprises réputées par leur rendement élevé du fait qu’elles versent entre 80-90 % de leurs revenus sous formes de dividende selon le régime fiscal de son siège social. Vous avez la possibilité dans différents types de propriété : bureau, centre commercial, freestanding, établissement de santé, entrepôt, industrie, forêt, ferme, data center, infrastructure, appartement, maison individuel, campus universitaire, hôtel, casino, panneau publicitaire…)

Les MLPs (Master Limited Partnerships) sont des entités juridiques au cours des années 1980 dans le but d’encourager l’investissement dans des industries à forte intensité capitalistique. La quasi-majorité d’entre elles opèrent dans le secteur de l’énergie, plus particulièrement dans le midstream : pipelines, terminaux, stockage.

Les majors pétrolières alias le « BIG OIL SIX » qui incluent Exxon Mobil, Chevron, Royal Dutch Shell, Total, BP et ConocoPhilips. Elles sont le fruit de fusions-acquisitions pour contrecarrer la baisse du prix du pétrole à la fin des années 1990, réaliser des économies d’échelle et améliorer leur bilan financier. Les majors sont typiquement des entreprises intégrées du fait qu’elles interviennent dans l’ensemble de la chaîne de production du pétrole et distribuent un rendement supérieur à la moyenne du marché. Dans le cas d’une résurgence de l’inflation, les majors pétrolières peuvent constituer un bon « hedge ».

Les opérateurs télécoms et les utilities alias les services aux collectivités sont traditionnellement des entreprises de faible croissance. Leurs barrières à l’entrée d’ordre réglementaire ne constituent pas un argument de poids dans la création de valeur pour l’actionnaire. En conséquence, bon nombre d’entre eux distribuent un dividende avec un payout ratio supérieur à 50 %. Des deux côtés de l’Atlantique, les performances boursières sont contrastées. En Europe, ils peinent à renouer avec les niveaux post-crise des subprimes du fait qu’on refuse d’envisager des fusions-acquisitions pour des raisons politiques alors qu’en Amérique du Nord, c’est la politique vers l’actionnaire qui l’emporte.

Comment les choisir sans ruiner votre capital ?

Plutôt d’aller dans les détails, surveillez en priorité quelques critères financiers et extra-financiers :

  • Historique du dividende sur une ou deux décennies : le dividende a-t-il augmenté ou est-il maintenu chaque année ?
  • Un niveau d’endettement raisonnable : un ratio dette/EBITDA ≤ 5 ( ≤ 6-7 pour les REITs et MLPs) quoique difficile à en trouver
  • Croissance du cash flow
  • Business simple à comprendre
  • Transparence du management (en option)

 

#10 AT&T

AT&T (NYSE : T) est le numéro un mondial des opérateurs télécoms. Son business model tourne autour de trois divisions : AT&T Communications (Internet fixe et mobile, téléphone fixe et mobile, offre de télévision par satellite et payante, sécurité de réseaux), Warner Media pour les médias et divertissements (HBO, Turner, Warner Bros et Xandr) et AT&T Latin America (Télévision payante et sans fil dans 11 pays d’Amérique Latine).

La récurrence des activités de ses trois divisions, la qualité de son portefeuille de marques et les barrières à l’entrée dans la télécommunication lui permettent d’être une machine à cash. Cela explique pourquoi AT&T a augmenté son dividende pendant plus de 30 années consécutives. Avec les relais de croissance de la 5G et le lancement de son nouveau service de contenu HBO, AT&T s’assure de futures vaches à lait.

Malgré son statut d’aristocrate à dividende, son cours de Bourse ne parvient pas à revenir sur les standards de la période des Dotcom. La perception des investisseurs envers AT&T ont changé entre la fin des années 1990 et le début de la décennie 2020. AT&T n’est plus considérée comme une entreprise à forte croissance mais une entreprise à croissance stable parce que la télécommunication est une industrie à forte capitalistique. Bien que la 5G possède un potentiel indéniable, il exige de mettre beaucoup d’argent sur la table en plus du cadre réglementaire.

 

#9 Medical Properties Trust

Identifier des actions de la santé à haut rendement, c’est comme chercher une aiguille dans une meute de foin. Pourquoi pas investir dans les établissements de santé. Vous avez le choix en particulier aux États-Unis où le business est bien développé. Il y a les maisons de retraite ou senior housing, les établissements de soins infirmiers, les hôpitaux, les cabinets médicaux et les laboratoires de recherche.

Mon coup de cœur s’est porté sur Medical Properties Trust (NYSE : MPW), une REIT américaine fondée en 2003 qui détient des hôpitaux et les loue à des opérateurs sur des durées de baux relativement long : au moins dix ans aux États-Unis et plus à l’international. 97 % de ses baux sont indexés à l’inflation. Son portefeuille est composé de 388 hôpitaux : hôpitaux de soins aigus (87 % des loyers perçus), hôpitaux de rééducation pour patients hospitalisés (10 %), hôpitaux de soins actifs de longue durée (3%).

Les hôpitaux sont répartis dans 34 États américains, six pays européens (Suisse, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Espagne et Portugal), puis en Australie. Plus de 80 % des loyers perçus proviennent des États-Unis.

Medical Properties Trust a été lourdement impacté par la crise du Covid-19, car les hôpitaux sont des lieux à fort risque de contamination. L’entreprise a pu collecter les loyers malgré des reports de paiement. Cela ne lui pas empêché d’augmenter son dividende pour la huitième année consécutive. Le FFO payout ratio est de 70 %. La croissance de son FFO par action était sur une pente ascendante de 2015 à 2018. En 2019, il a baissé suite à une souscription d’actions ordinaires au grand public lancée par l’entreprise. Le gros bémol reste son endettement avec une dette/EBITDA au-dessus des normes recommandées du secteur. De facto, l’accès aux capitaux pour financer ses projets n’est pas chose aisée en raison de son rating en catégorie spéculative par S&P (BB+) et Moody’s (Ba1).

Le dividende reste solide avec un rendement autour de 6 %. Son niveau d’endettement est à surveiller de près. Le business model de Medical Properties Trust comporte des risques. D’une part, il est sensible à un changement de régulation dans la politique de santé. D’autre part, les hôpitaux sont plus sujets à des accidents opérationnels.

 

#8 Iron Moutain

Iron Mountain (NYSE : IRM) est une REIT spécialisée dans les services de stockage et sécurité de l’information. Présent dans une cinquantaine de pays, il aide ses clients à sécuriser leurs informations, réduire les coûts de stockage en proposant des services tels que le stockage physique dans des locaux sécurisés, des supports de sauvegarde de données, des solutions de gestion d’information, un espace de centre de données pour les entreprises de grande échelle.

Iron Moutain a entrepris depuis quelques années une transformation digitale de son business en se positionnant sur les data centers. De plus en plus de clients veulent se tourner vers le cloud pour stocker et sécuriser leur données confidentielles. À présent, son business model est un mixte entre le stockage-sécurité d’information et les data centers pour 225 000 clients répartis dans diverses activités.

Iron Moutain verse un dividende en hausse chaque année depuis 2011, mais vous devez vous analyser la croissance du dividende lorsque l’entreprise a pris le statut de REIT à partir du 31 décembre 2014. Son virage de son business vers la transformation s’est traduit par une hausse de ses ratios d’endettement et des credit rating (notation financière) en catégorie spéculative. Le doute sur la pérennité de son dividende est permise au point d’être la cible de vendeurs à découverts avec un short float ratio de plus de 20 %. Malgré une croissance honorable du FFO depuis 2015, son FFO payout reste supérieur à 100 %.

Intrinsèquement, Iron Mountain a des atouts à faire valoir avec un business qui allie une activité physique et digitale et un dividende moyennant un rendement de 9 %. Son P/FFO bon marché ne doit pas masquer les inquiétudes sur son endettement, un point noir à lever rapidement. Histoire que le dossier soit moins spéculatif.

 

#7 BCE

BCE (NYSE ou TSX : BCE), anciennement Bell Canada Entreprises est un opérateur télécoms canadien fondé en 1883. Son business model tourne autour de trois activités :

  • Bell Wireless (39 % du résultat opérationnel) qui comprend les services et les équipements sans fil. BCE couvre le territoire canadien en 4G d’Est en Ouest.
  • Bell Wireline (53 % du résultat opérationnel) qui comprend Internet, la téléphonie cellulaire, la télévision payante, la télévision par satellite. Cette activité est en phase de saturation en raison d’un taux de pénétration flat et de la démocratisation vers le mobile.
  • Bell Media (8 % du résultat opérationnel). BCE possède un portefeuille de marques de renom au Canada telles que les chaînes sport TSN et RDS, la chaîne généraliste CTV, la division publicitaire Astral, iHeartRadio Canada pour les services radio.

BCE bénéficie d’un marché oligopolistique sur le sol canadien partagé entre ses deux gros concurrents, Telus et Rogers. À eux trois, ils partagent 90 % des parts de marché canadiens sans fil. D’un côté, ils laissent des miettes aux nouveaux entrants. De l’autre côté, la guerre des prix a pu être évitée et le coût d’acquisition client est relativement élevée. Ce qui permet à BCE et ses rivaux de générer régulièrement du cash flow alors qu’en Europe c’est tout le contraire avec Orange qui traîne sous les 10 €.

Malgré le déclin naturel de la téléphonie cellulaire, BCE compte sur des relais de croissance comme la 5G, le streaming, l’augmentation de la data mobile dont la demande reste en forte croissance, et l’Internet des objets.

 

#6 Walgreens Boots Alliance

Né de la fusion entre Walgreens et Alliance Boots en 2014, Walgreens Boots Alliance (Nasdaq : WBA) est la plus grand chaîne de pharmacie aux États-Unis et en Europe. Avec environ 21 000 magasins présents dans 11 pays, l’entreprise américaine réalise 83 % de son chiffre d’affaires dans la distribution grand public sous les marques de chaînes Walgreens, Rite Aid, Duane Reade et Boots. De plus, Walgreens Boots Alliance possède plus 400 centres de distribution en gros (17 % de son chiffre d’affaires) qui livrent des médicaments aux hôpitaux, cliniques, centres de soins et aux pharmacies.

On pourrait croire sur le papier que c’est une action de belle qualité au regard de la nature de son activité. Pourtant, Walgreens Boots Alliance est en queue de peloton du club des aristocrates à dividende malgré 45 années consécutives de hausse de son dividende. Ses contre-performances en Bourse depuis plus 2015 font que c’est anormalement une action à haut rendement.

La baisse des taux de remboursement des médicaments, la hausse structurelle des coûts de la santé liée au vieillissement démographique, un politique de santé moins friendly et l’émergence de l’e-commerce sont des arguments qui ont mis en difficulté le business model de Walgreens Boots Alliance à juste titre.

 

 

Conscient de ses points faibles actuels, Walgreens Boots Alliance travaille sur la restructuration de ses chaînes de pharmacie pour améliorer son offre et accélère en coulisses sur la digitalisation de ses activités.

Son point noir reste son niveau d’endettement élevé. Son ratio dette/EBITDA est autour de 9, soit largement au-dessus du seuil recommandé à 5. D’ailleurs, avec Fitch, son credit rating est à la limite de la catégorie d’investment grade. Si rien n’est pas fait sur sa dette, Walgreens pourrait voir son accès au capital restreindre. Fort heureusement, Walgreens Boots Alliance possède encore de la marge pour verser son dividende. Son free cash flow/action est nettement supérieur à son dividende/action. Avec un rendement de plus de 5 % et un PE ratio ridicule de 7,42, Walgreens Boots Alliance constituerait une opportunité d’investissement à bon compte s’il parvient à augmenter son dividende chaque année et réduire sa dette pour ramener de la confiance chez les investisseurs.

 

#5 Royal Dutch Shell

Royal Dutch Shell (XAMS : RDSA) est la plus grande capitalisation boursière du secteur de l’énergie en Europe et la second major pétrolière juste derrière ExxonMobil en termes de volumes de production annuel. L’entreprise anglo-néerlandaise a la particularité d’être cotée sur trois places financières : Amsterdam, Londres et New York.

 

 

La crise du Covid-19 a été dommageable pour les prix du pétrole et du gaz naturel. Le confinement a évidemment entraîné un baisse de la demande. Ce qui a rogné les marges de Royal Dutch Shell sur l’ensemble de la chaîne de production. Malgré une discipline sur les CAPEX et le cash flow, et un bilan financier sous contrôle, Royal Dutch Shell a baissé son dividende pour la première fois depuis la second Guerre Mondiale. Est-ce un signe de pessimisme ou de prudence ? Peut-être des deux.

Cela étant dit, Royal Dutch Shell est une action européenne à haut rendement qui ne se résume pas à sa manne pétrolière. La major anglo-néerlandaise possède une exposition importante sur le gaz naturel à travers le GNL (Gaz Naturel Liquéfié) via son pôle Integrated Gas qui inclut aussi les énergies nouvelles telles que le biocarburant, l’hydrogène, les batteries électriques, le solaire et l’éolien. Royal Dutch Shell a fait savoir qu’il va focaliser ses efforts sur les projets de GNL et la transition énergétique pour compenser le déclin naturel de ses champs pétrolifères et ses désinvestissements d’actifs non stratégiques.

La baisse du dividende annoncé en avril 2020 fait que le rendement de l’action Royal Dutch Shell a baissé mais reste intéressant autour de 5 %. Son cash breakeven autour de 50 $ par baril n’est pas étranger à cette décision. Son PCF (Price to Free Cash Flow) est très attractif à 2,6 contre 6,4 sur une moyenne de 5 ans avec des questions en suspens. L’offre/demande à travers l’évolution de la pandémie va rester clé pour la major pétrolière pendant quelque temps.

 

#4 Enbridge

Si je propose Enbridge (TSX : ENB) dans mon top 10 des meilleures actions à haut rendement pour préparer votre retraite, c’est avant tout une dédicace aux investisseurs québécois, mais pas que. Sérieusement, je voulais attirer l’attention des investisseurs français qu’il existe des belles idées d’investissement en dehors de la Bourse de Paris et de Wall Street.

Enbridge est une entreprise canadienne qui opère dans les oléoducs et gazoducs en Amérique du Nord. Il a une activité de service public de gaz naturel et investit dans les énergies renouvelables dans divers projets via des joint-ventures. Environ 80 % de ses revenus sont consacrés au transport de pétrole et transport-traitement de gaz naturel à travers des contrats de long terme conclus avec les expéditeurs.

Enbridge possède des barrières à l’entrée élevées, car elles sont propres à son industrie et sa position géographique. Développer et gérer des infrastructures énergétiques exige une maîtrise des coûts et un savoir-faire technologique d’excellence. La réglementation énergétique constitue un autre barrière à l’entrée. Par ailleurs, l’entreprise canadienne tout comme les majors pétrolières Total et Royal Dutch Shell, a intégré dans sa politique stratégique certains principes de l’ESG (Environmental, Social, and Gouvernance) en diversifiant ses activités dans les énergies renouvelables (éolien, solaire, géothermie) qui représentent une miette de son chiffre d’affaires à ce jour.

 

 

Malgré des prix du pétrole et de gaz naturel moroses depuis plusieurs années, le business model d’Enbridge est remarquable. Boursièrement parlant, il a enregistré 25 années consécutives de hausse de son dividende en dollars canadiens et superforme le S&P 500 et le S&P TSX sur la même période. Tout cela tient à une croissance et une bonne gestion de son cash flow opérationnel. Son niveau d’endettement est élevé, mais dans une industrie à forte intensité capitalistique c’est tout à fait normal. Pour vous rassurer, son credit rating est BBB+ pour S&P et Fitch, et Baa2 pour Moody’s.

En plus d’un rendement de plus de 8 %, l’excellent historique de son dividende et les qualités intrinsèques de son business permettent de considérer Enbridge comme un cas à défendre en tant qu’action à haut rendement.

 

#3 Altria

Altria (NYSE : MO) est une entreprise qui ne vous dit rien à première vue. Elle était connue sous le nom de Philip Morris Companies. Vous aurez deviné que c’est un des géants mondiaux du tabac. Altria dispose des marques à forte réputation mondiale et régionale dans les cigarettes, cigares et pipes telles que Marlboro, Chesterfield, Copenhagen,  Skoal, Black & Mild, Sugar Barrel, Prince Albert, etc.

 

 

La majorité de ses revenus et bénéfices proviennent des produits de tabac, mais l’entreprise souffre depuis plusieurs années du déclin du taux de tabagisme et la baisse de volumes des ventes qui est compensée par la hausse des prix. Conscient de sa dépendance du tabac et l’émergence de l’investissement ESG, Altria diversifie son business model dans les vins, les bières à travers des participations dans le brasseur belge Anheuser-Busch InBev et la marijuana en détenant 45 % de Cronos Group. À l’heure actuelle, ses participations ne portent pas ses fruits.

Malgré les défis à venir, cela ne lui empêche pas de conserver son double statut d’aristocrate et roi du dividende. Sa position dominante dans le tabac permet à Altria de rester sur une série de 51 années consécutives de hausse du dividende.

Depuis mi-2017, le cours de l’action est en souffrance à cause des baisses de bénéfices sur les années qui ont suivi. En 2019, Altria a terminé par un BPA négatif de 0,7 $ par action. Pourtant, sa capacité d’autofinancement et son endettement ne suscitent pas d’inquiétude et ne remettent pas à cause la pérennité de son dividende.

Ce qui explique pourquoi Altria est devenu une action à hautement rendement et possède une valorisation attractive avec un PE forward de 10 inférieur à sa moyenne de 5 ans. Son rendement autour de 8 % me semble anormal au regard de ses fondamentaux intrinsèques.

 

#2 W.P. Carey

Fondé en 1973, W.P. Carey (NYSE : WPC) est un REIT qui investit et gère des biens immobiliers commerciaux loués par des locataires via le triple net lease. En 2012, W.P.Carey prend officiellement le statut de REIT. C’est l’un des plus vieux REITs des États-Unis et dans le monde.

W.P.Carey détient environ 900 propriétés louées à plus de 200 clients aux États-Unis (63,4 % des loyers payés) et en Europe (34,6 %). Le solde restant provient du Japon, Canada et du Mexique.

 

 

W.P. Carey possède un portefeuille diversifié immobilier avec une variété de locataires. Comparativement à Realty Income dont ses loyers sont dépendants à 80 % sur le retail, il n’est pas dépendant d’une industrie en particulier.

Comme tous les autres REITs, W.P. Carey a été impacté par le lockdown suite à la crise du Covid-19. Au stade actuel, il a bien passé la tempête. Son taux d’occupation est de 98,9 %. L’entreprise a communiqué que 96 % de ses loyers sont recouverts au second trimestre et 98 % en juillet. Ce qui est de nature à rassurer sur la solidité de son business model.

Sans tenir compte des versements de dividende exceptionnel, W.P. Carey est sur une série de 22 années hausses consécutives de son dividende. Il lui reste quelques années pour devenir une aristocrate à dividende. Son FFO payout ratio est autour de 90 %. Son dette/EBITDA est de 5,5. Malgré une croissance flatte de son FFO par action, W.P. Carey parvient à augmenter son cash flow opérationnel.

Avec un dividende en bonnes mains et un rendement entre 6 et 7 %, W.P. Carey est un magnifique exemple qui casse les idées reçues de l’investissement sur les REITs.

 

#1 Total

Total (XPAR : FP) est l’action à haut rendement la plus plébiscitée des investisseurs français. L’effondrement du prix du pétrole suite à la crise du Covid-19 l’a obligé de revoir tous ses plans stratégiques tant au niveau opérationnel que financier en faveur de l’actionnaire.

 

 

À la différence de ses concurrents (Exxon Mobil, Chevron, Royal Dutch Shell, BP), Total a entrepris progressivement un virage vers les énergies nouvelles pour développer un business model intégré : SunPower dans le solaire, Saft dans les batteries électriques, Direct Énergie et Lampiris dans la distribution d’électricité qui fusionneront en 2019 pour devenir Total Direct Énergie, GreenFlex dans l’optimisation énergétique. Sa division Integrated Gas, Renewables & Power a surperformé en pleine pandémie. Il a sauvé les apparences face aux résultats catastrophiques dans l’ensemble de la chaîne de production pétrolière.

Cela étant dit, ne rêvez surtout pas d’une entreprise qui va passer des énergies fossiles aux énergies nouvelles. Le pétrole et le gaz naturel occuperont une place importante dans son business model mais avec plus de modération. Total privilégiera des projets moins coûteux en capital. Pour preuve, son désengagement dans les sables bitumineux au Canada a été la meilleure décision stratégique de ses dernières décennies.

Total a amélioré en profondeur la qualité de son portefeuille d’actifs. Ce qui lui a permis de diminuer son cash breakeven de 100 à 25 $ par baril. Il peut compter sur ses projets de GNL et sa nouvelle vache à lait Total Direct Énergie (Moi-même client) qui pourraient encore grappiller des parts de marchés à EDF et Engie.

Avec des ratios d’endettement qui restent raisonnables et sa bonne gestion de son cash flow, Total s’est donné les chances d’affronter les difficultés structurelles de l’industrie pétrolière et préparer l’après-pétrole (un gros mot). Son dividende n’a jamais baissé depuis 1982. Un rendement au-dessus de la moyenne de la Bourse de Paris, un PCF à 4,4 en dessous de sa moyenne de 5 ans et un price to book inférieur à 1 font que c’est un candidat idéal dans la catégorie des actions value.

 

Points clés à retenir sur les actions à haut rendement

Vous pouvez avoir deux visions différentes à propos des actions à haut rendement. La première est qu’un rendement élevé signifie une prime de risque élevé. Vous préférez rester à l’écart en vous contentant de Johnson & Johnson et Coca Cola aux États-Unis, et Air Liquide et L’Oréal en France. La seconde est d’en acheter pour générer plus de revenus bien que ce soit au cas par cas.

Si vous avez l’intention d’en intégrer dans votre portefeuille, il vous faudra être sélectif en analysant bien les fondamentaux intrinsèques de l’entreprise tant au niveau quantitatif que qualitatif.

Certaines actions à haut rendement possèdent des structures à risque qui leurs sont propres. Pour preuve, les REITs et les MLPs sont dans l’obligation de puiser une grande partie de leur trésorerie pour distribuer leurs dividendes à leurs actionnaires. De l’autre côté, ils sont contraints d’avoir recours régulièrement à la dette ou une augmentation de capital pour développer leur business. Ne soyez pas étonné d’être dilué à tout moment.

Si par hasard l’accès au capital devient onéreux à travers une hausse des taux d’intérêt ou une baisse de leur credit rating, les REITs et les MLPs sont vulnérables financièrement. Le raisonnement sera le même pour l’ensemble des secteurs.

En termes simples, évitez des entreprises qui promettent des rendements attractifs au point de brûler leur cash flow et rouler leur dette. Des ratios de distribution élevé et un levier financier excessif doivent vous alerter sur le profil de risque d’une action à haut rendement.

Une entreprise stable depuis plusieurs décennies peut aussi se retrouver soudainement en difficulté en raison d’une disruption technologique et comportementale. Les cas d’Altria et Walgreens Boots Alliance sont une illustration, mais ces deux entreprises possèdent les reins solides pour adapter leur business et continuent de verser un dividende en croissance chaque année.

En plus de la dépendance des marchés des capitaux, certaines actions à haut rendement comme les REITs, les MLPs, les utilities et les opérateurs télécoms ne sont pas à l’abri d’un risque réglementaire. Si par malheur les décideurs politiques changent les règles du jeu, ces entreprises pourraient revoir leur politique d’allocation du capital.

Dernière chose à vous dire, investir sur des actions à haut rendement, c’est avoir à faire à des entreprises matures (ou de la vieille économie), ennuyeuses ou moins sexy. Boursièrement parlant, vous renoncez à doubler ou tripler votre mise en peu de temps au profit d’une génération de revenus.

 

Disclosure : L’auteur détient des actions FP. Les informations, opinions et graphiques sont le reflet de mes convictions et utilisés à vocation pédagogique. La précision des informations apportée n’est pas garantie à 100 %. Tout lecteur doit faire sa propre opinion en faisant des recherches complémentaires afin de déterminer quelles sont les meilleures opportunités d’investissement à son profit. Vous assumez la responsabilité de toute décision prise suite à la lecture de l’article. Upside Bourse (dont le fondateur) se désengage de toute responsabilité sur vos actions et vos décisions.