Énergies renouvelables vs Énergies fossiles : 9 réalités qui dérangent et les meilleures idées d’investissement

Energies renouvelables vs Energies fossiles - Transition énergétique

Nous voulons faire la part belle aux énergies renouvelables pour accompagner la transition énergétique du XXIème siècle. En 2020, elles ont connu une période faste. Les décideurs politiques du monde entier promettent des plans d’investissements dans l’éolien, le solaire, l’hydrogène et le véhicule électrique. La volonté est là pour lutter contre le réchauffement climatique.

Tout le monde croit que les énergies renouvelables remplaceront bientôt les énergies fossiles, mais cette croyance n’est pas réaliste. La consommation mondiale d’énergies renouvelables peine à dépasser les 5 %. Avec l’hydroélectricité, cela représente 10 %.

Je ne nie pas que le momentum pour les énergies propres est en marche, mais la transition énergétique est une thématique de long duration. Voilà pourquoi les énergies fossiles ne seront pas condamnées de sitôt. À votre place, j’éviterais de m’emballer pour un monde plus verte. Investir dans les énergies fossiles malgré les exigences de l’ESG auront encore une place dans votre portefeuille. Le pétrole et la gaz naturel resteront prépondérantes dans notre vie quotidienne. Je pourrais rajouter l’uranium avec les centrales nucléaires.

À mes yeux, le match entre les énergies renouvelables contre les énergies fossiles est une fausse idée. La transition énergétique vers le solaire, l’éolien, la biomasse, l’hydrogène ou la géothermie ne sera pas une promenade de santé. Dans cet article, nous serons confrontés à des réalités difficiles à encaisser.

 

Réalité n°1 : Remplacer les énergies fossiles par les énergies renouvelables, un combat déséquilibré

Les personnes qui aiment les énergies renouvelables, sont comme ceux qui sont contre le pass sanitaire. Elles ne disposent pas d’arguments fiables pour qu’elles représentent une alternative fiable

Ces personnes-là sont très gênées par les arguments réalistes en défaveur des énergies renouvelables. Elles oublient que la transition énergétique n’est pas une nouveauté en soi.

Le charbon a pris le relais du bois. Le pétrole a pris le relais du charbon. Notre société rime avec le pétrole. L’hydroélectricité et le gaz naturel rattrape leur retard face à l’or noir. Le nucléaire, le solaire, l’éolien et les autres sources d’énergie auront leur mot à dire dans la nouvelle transition énergétique.

Consommation mondiale

 

transition energetique par source

Chaque nouvelle source d’énergie gratte des parts de marché aux traditionnelles (pétrole, gaz, charbon). Ces dernières voient leur pourcentage de consommation se stabiliser.

 

Consommation energie par source

En valeur absolue, vous constatez que la consommation énergétique ne fait qu’augmenter en raison de la croissance démographique au niveau mondial. Ce qui signifie que les énergies renouvelables jouent un rôle additive et ne remplacent pas les énergies fossiles.

Même s’il existe des pays qui ont laissé de côté le charbon pour leur réseau électrique, force de constater que le pétrole et le gaz naturel font de la résistance. Les beaux discours en faveur des énergies renouvelables ont certes un écho vis-à-vis de l’opinion publique, mais les actes ne suivent pas, car la réalité prime. Les investisseurs intéressés par la thématique de la transition énergétique, devront apprendre à connaître les notions de densité surfacique de puissance et l’EROI (Energy Return On Investment).

 

Réalité n°2 : La densité surfacique de puissance et l’EROI des énergies renouvelables loin du compte

Lorsque vous faites référence à l’énergie, pensez à la densité surfacique de puissance. Elle correspond à la quantité de puissance produite par rapport à une unité de surface. La réalité est qu’il faudrait une quantité énorme de panneaux solaires, d’éoliens, de maïs, de paille et d’avoine afin de produire l’équivalent des centrales de charbon, de gaz naturel ou nucléaires installés sur quelques mètres carrés. Malgré les progrès technologiques, ce ne serait pas suffisant pour combler le gap de productivité.

L’autre critère pour comparer les énergies propres aux énergies fossiles est l’EROI alias le retour énergétique sur investissement. C’est le rapport entre la quantité d’énergie fournie à partir d’une source d’énergie primaire et la quantité d’énergie à investir pour obtenir cette ressource énergétique. Pour ne pas vous emmêler les pinceaux avec la définition, vous devez investir de l’énergie pour creuser un puits de pétrole et l’extraire une quantité importante pour multiplier l’EROI. Du côté du solaire, il faut acheminer et assembler les différents matériaux pour bâtir les panneaux. Et c’est beaucoup d’énergie à dépenser.

J’ai cherché les EROI des différentes sources d’énergie. L’EROI est difficile à estimer, car il dépend de la localisation et la technologie industrielle. Quid au point d’utilisation. Sans être un expert, il ne fait pas doute qu’il y a des pertes de chaleur de l’extraction à l’approvisionnement qui atténuent le rendement énergétique.

Selon une étude du physicien allemand de Daniel Weissbach, le moins qu’on puisse vous dire est que le solaire, l’éolien et la biomasse sont en queue de peloton en Allemagne. Le nucléaire et le charbon trustent le haut du leaderboard.

 

Dans une note de Chaire Économie du Climat d’octobre 2015, voici un tableau exhaustif des EROI des différentes sources d’énergie. Pour une meilleure représentativité, les valeurs moyennes sont uniquement retenues.

 

Les études prêteront à débat avec des erreurs de jugement. Les défenseurs des énergies renouvelables auront tendance à ignorer leurs coûts de stockage et leurs faibles capacités. Les défenseurs du pétrole et du gaz naturel occulteront leurs coûts d’exploration, de production, de transport, et de raffinage. Voilà pourquoi vous verrez des arguments divergents qui fausseront votre opinion.

Au fil du temps, les énergies fossiles verront des EROI faibles du fait de l’épuisement des ressources faciles d’accès. En comptant sur le pétrole et le gaz de schiste, inutile de vous rappeler que leur extraction est très énergivore sans parler des dégâts environnementaux. Au contraire et grâce aux progrès technologiques, les énergies propres peuvent générer de meilleurs EROI jusqu’à ce que leurs limites physiques les rattrapent. Quant au nucléaire, leur durée de vie est un atout permettant d’obtenir un retour énergétique sur investissement considérable.

 

Réalité n°3 : Open bar sur les dépenses budgétaires

Ce qui est probablement sûr, c’est que nous aurons un open bar sur les dépenses budgétaires. Ne comptez pas sur la croissance et les impôts pour les financer. Attendez-vous à des politiques monétaires encore accommodantes de la part des banques centrales. La FED, la BCE et compagnie vont accompagner l’expansionnisme budgétaire des États peu importe le prix.

Qu’est-ce que cela veut dire entre les lignes ? Les taux nominaux vont rester bas. Tout retour en arrière semble impossible au regard des ratios élevés Dette publique/PIB. Nous aurons tôt ou tard une période d’inflation malsaine. La fuite en avant va encore se poursuivre à moins d’un nouveau Volker.

 

Réalité n°4 : La Chine, pionnière de la transition énergétique.

La surprise du chef de la transition énergétique est que la Chine est position de force par rapport aux pays occidentaux. Ces derniers veillent bien à cacher cette vérité à leur population. Apparemment, les leçons du passé n’ont pas été retenues avec les masques suite à la crise du Covid-19.

La Chine a le quasi-monopole sur les terres rares, très utiles dans le développement des batteries des véhicules électriques, des composants électronique des appareils mobiles et des générateurs d’éoliennes. De plus, elle dicte sa loi sur le marché des métaux industriels en faisant la pluie et le beau temps en écoulant les réserves stratégiques d’aluminium, cuivre, fer et de zinc à destination des industries concernées. En Afrique, terre riche en matières premières, la Chine a déjà posé ses pions pour se prémunir des problèmes d’approvisionnement et augmenter ses réserves stratégiques.

Selon l’Étude sur la révision de la liste des Matières Premières Critiques réalisée par la Commission Européenne, la Chine produit respectivement au niveau mondial :

  • 48 % d’indium
  • 55 % de vanadium
  • 66 % de silicium
  • 80 % de germanium
  • 39 % de lithium
  • 69 % de graphite naturel
  • 66 % de scandium
  • 45 % de titane

Tout compte fait, la Chine est un acteur décisif de la transition énergétique des pays occidentaux que nous voulions ou non. Sur la place publique, les pays occidentaux montreront soi-disant leurs muscles sur ce qui se passe à Hong Kong et dans la région Xinjiang. Néanmoins, en coulisses, le business a de fortes chances de reprendre le dessus.

 

Réalité n°5 : Le pétrole n’a pas dit son dernier mot

Depuis un certain temps, le secteur pétrolier est l’un des secteurs les plus détestés des investisseurs. Pour le moment, les traders ont joué à court terme le pari de la rapide reflation mondiale. Maintenant que l’effet de base par rapport à la crise du Covid-19 est pratiquement derrière nous, les investisseurs hésitent à s’engager sur le long terme.

Le consensus estime que les améliorations technologiques dans les énergies renouvelables vont enterrer le pétrole. Premièrement, l’abandon de Keyston XL et le coût de production énergivore du pétrole offshore et de schiste vont dans leur sens. Deuxièmement, la croissance de l’investissement ESG risque de pénaliser le financement des sociétés pétrolières.

Peu d’investisseurs mettront la main à la poche pour de nouveaux projets pétroliers si les autorités persistent en faveur des énergies renouvelables.

Cependant, les aficionados des énergies propres négligent les conséquences d’une telle transition énergétique. D’une part, le capital existant – déjà investi dans le secteur pétrolier sera plus précieux, car il y aura peu de concurrence, et donc des bénéfices plus élevés. D’autre part, l’autre conséquence de cette nouvelle politique énergétique sera le manque de nouveaux investissements dans le pétrole. Ce dernier va entraîner une baisse de l’offre.

Or vous savez bien que notre train de quotidien dépend des énergies à forte densité comme le pétrole et le gaz. Le nucléaire, l’hydrogène, le solaire, l’éolien vont voir leur part augmenter au fil du temps. Mais à ce jour, le pétrole et le gaz auront encore un rôle important dans l’économie.

Une concurrence réduite. Peu d’investissement à l’avenir. Voilà pourquoi je suis haussier sur le pétrole et plus particulièrement sur les compagnies pétrolières intégrées comme TotalEnergies (TTE), Royal Dutch Shell (RDSA), BP, Exxon Mobil (XOM) et Chevron (CVX).

La production va chuter tandis que la demande restera soutenue… et les prix que l’on veuille ou non, vont augmenter.

En conséquence, le pétrole constitue une protection contre l’inflation. Les membres de l’OPEP se frottent les mains. L’inflation transitoire vantée par les banques centrales risquent de devenir durable pendant un bon moment.

 

Réalité n°6 : Le pétrole et le gaz, c’est avoir accès aux produits de la vie courante ou nécessaires à l’activité industrielle

Je ne suis pas contre les énergies énergies renouvelables. Mais gardez bien à l’esprit que le pétrole et le gaz vont garder une place importante dans le mixte énergétique mondial. Nous en dépendons dans notre vie quotidienne. J’écris cet article en consommant des produits majoritairement à base de pétrole.

Je ne suis pas exempt de tout reproche en matière de consommation d’hydrocarbures, mais je fais des efforts comme moins acheter des vêtements (mis à part pour le sport), éviter au maximum la climatisation dans la voiture, ou ne pas abuser du plastique.

Voici une schéma qui illustre l’importance du pétrole et du gaz dans notre vie quotidienne et l’industrie :

 

À l’aide de la pétrochimie qui permet la fabrication de composés chimiques issus du pétrole et de gaz, vous avez accès aux détergents, solvants, médicaments, pesticides, cosmétiques et aux engrais sans oublier les matières plastiques telle que les adhésifs, les résines, le polyester, les élastomères… Je pourrais également citer de l’essence et le diesel pour les véhicules, et l’accès à l’électricité, au chauffage et à la cuisine.

De nombreux investisseurs sous-estiment les conséquences sur les chaînes d’approvisionnement, les processus de production et le choix des matériaux si on devait privilégier les énergies renouvelables au détriment des énergies fossiles. Dans la décennie actuelle, la pétrochimie va compter pour environ 60 % de la croissance de demande de pétrole.

Sortir du pétrole et du gaz serait plus compliqué que les personnes imaginaient. Cela inciterait à un changement à tous les niveaux. Est-ce que toutes les personnes y sont préparées ? Pas si sûr. Si les principaux acteurs décident de prendre ce chemin, ce changement risque de prendre plus de temps que prévu.

Quand j’entends parler de transition énergétique, les pays occidentaux pensent à leur propre paroisse et se permettent de donner la leçon à l’Inde et la Chine. Ils n’ont aucune vision de la réalité sur les deux pays les peuplés au monde.

Selon l’Agence Internationale de l’Énergie, 30 % de la population chinoise et 50 % de la population indienne ne disposent pas d’une vraie cuisine. Cela s’explique par le manque d’infrastructures de gazoducs. Une partie de leur relief géographique ne facilite pas leur installation.

 

Réalité n°7 : Se sentir écolo ne signifie pas être écolo

Ce qui m’énerve par dessus tout au sujet de la politique énergétique, c’est que les personnes qui se revendiquent écologistes, font preuve d’incohérences. J’ai l’impression qu’elles maîtrisent leur sujet à moitié. Pire encore, elles ont tendance à se sentir écolos qu’à être écolos. Tout compte fait, nous pouvons faire croire aux autres quand nous avons réalisé quelque chose d’écolo tout au long de la vie sans que ça soit vérifié dans les faits.

Que fait-on si on interdit les oléoducs et gazoducs ? Que fait-on si on ne remplace pas les pipelines vieillissants ? Si ce scénario devait arriver, le pétrole et le gaz seront transportés par voie maritime ou ferroviaire. Ce qui est sarcastiquement moins sûr pour l’environnement et les personnes. Par ailleurs, cela créerait un gros bordel dans les réseaux de transports tant que la demande reste soutenue.

Je veux bien que les écologistes défendent leur morceau de steak, mais il serait judicieux d’avoir une approche réaliste. Vu comme ça, les voyages en avion seraient bannis. De nombreuses personnes parcourraient de longues distances en polluant plus et étant moins en sécurité. L’interdiction du transport du pétrole et du gaz respectivement dans les oléoducs et les gazoducs entraînerait une flambée des prix de tous les biens et services.

S’il y a un consensus qui fait sens, c’est d’arrêter le charbon utilisé pour l’électricité. On pourrait le remplacer par le gaz naturel et le nucléaire dans certaines zones géographiques pour réduire les émissions de CO2. Par exemple, l’Australie, la Royaume-Uni et le Japon qui sont des archipels, seraient plus enclins à le faire. Cela étant dit, ces alternatives ne sont pas plébiscitées par l’investissement ESG à ce jour. Pourtant, je mettrais une pièce en faveur du nucléaire, le messie de la transition énergétique.

Quant aux partisans du solaire et de l’éolien, l’ouverture d’esprit est de mise. Le solaire a sa place dans les régions les plus ensoleillées et les déserts pour générer des rendements énergétiques satisfaisants. L’éolien convient aux régions côtières et venteuses. Vous aurez compris que le juste équilibre prime pour favoriser leur émergence dans le mixte énergétique mondial.

 

Réalité N°8 : Les énergies renouvelables ne sont pas environnementalement irréprochables

Toutes les sources d’énergie ont des contraintes environnementales. Certaines d’entre elles arrivent à les dompter de manière malicieuse vis-à-vis de l’opinion publique. Néanmoins, la réalité est qu’il n’existe pas des sources d’énergies 100 % propres en sens strict du terme. Il faut creuser là où la majorité des personnes se font duper.

Le solaire : énergie plus compétitive avec des si, dépendance à la Chine et quid du recyclage

Un panneau solaire produit de l’électricité à partir de l’énergie solaire. La conversion en électricité se fait par l’intermédiaire des cellules photovoltaïques. Sa fabrication demande beaucoup d’énergie et de matériaux (silicium, cuivre, argent, etc.) pour aboutir à ce résultat. Je devine que le bilan carbone en amont n’est pas glorieux.

Le fait que le soleil est une source d’énergie intermittente, ne favorise pas un rendement énergétique élevé. Sa durée de retour sur investissement est longue. Aux États-Unis, elle est de l’ordre de 8 ans en moyenne.

Au fur et à mesure que les années passent, les progrès technologiques ont rendu l’énergie solaire plus compétitive. Les subventions versées par les pouvoirs publics et la politique des taux d’intérêt bas qui favorise la baisse du coût du capital, ont contribué à sa croissance rapide dans la production d’électricité. Néanmoins, la manière dont cela était réalisé prête à discussion.

Il faut dire merci à la Chine qui ne s’est pas gênée de casser les prix avec un processus de fabrication à base de charbon et une main d’œuvre bon marché. Pendant plusieurs années, elle a inondé ses panneaux solaires bon marché aux quatre coins de la planète avant de monter en gamme. Pour témoigner de la faiblesse de la concurrence, la Chine est responsable de 80 % de la fabrication mondiale de panneaux solaires en 2019.

Et s’il y a un problème majeur que l’industrie solaire devra y faire face, c’est le recyclage des déchets électroniques. Des sources francophones montrent que ça existe. À creuser de plus près dans le monde, je reste sur ma réserve. D’ailleurs, le très sérieux Harvard Business Review explique bien le côté sombre des panneaux solaires au sujet des coûts exorbitants des déchets électroniques.

Tout compte fait, le cycle environnementale de vie d’un panneau solaire à la sauce chinoise est une référence à ranger aux oubliettes. L’ampleur de la tâche pour gérer la masse de déchets est colossale. C’est pourquoi je ne qualifie pas l’énergie solaire comme énergie propre bien que sa source est elle-même renouvelable.

 

 

Enfin, le dernier problème majeur est que l’Asie-Pacifique qui concentre la plus grande part de la population mondiale, n’est pas la zone géographique la plus adaptée pour l’énergie solaire. Si elle devait délaisser le charbon, le gaz naturel (GNL pour les archipels) et le nucléaire seraient les meilleures alternatives.

L’éolien : Potentiel limité au niveau géographique et quid du recyclage

Une éolienne produit efficacement de l’électricité dans les régions venteuses. Le vent est le fruit de la différence de pression de l’air causée par les variations d’ensoleillement.

Les partisans de la transition énergétique feraient mieux de redescendre sur terre une énième fois. Ce n’est pas le vent qui produit de l’électricité, mais un transformateur à l’intérieur de l’éolienne qui convertit l’énergie du vent en électricité. L’énergie éolienne n’a pas pour vocation de substituer aux énergies fossiles. Sa part dans la consommation électrique représente une miette. En mettant dans le même moule l’énergie solaire, il fera office de diversification dans le mixte électrique.

Selon un rapport du National Renewable Energy Laboratory, les éoliennes sont composées à 70 % d’acier. Il y a également la présence de fer autour de 5-17 %, de fibre de verre, résine ou plastique entre 11-16 %, et du cuivre et de l’aluminium en petite proportion. Je devine que la fabrication est très énergivore. Lorsque une partie des éoliennes sont en fin de vie, les questions autour du recyclage vont saliver.

En parlant de recyclage, le fait que les matériaux composites soient légers et résistants rend difficile le recyclage. D’ailleurs, la fibre de verre des pâles est la partie la plus complexe et chère à traiter. Cela ne signifie pas tout va dans la décharge. Mais tout comme le panneau solaire, le défi environnemental d’une éolienne est immense.

La biomasse : Environnementalement vôtre à première vue mais émissif en CO2

Sur le papier, la biomasse est vertueuse par sa définition d’après une directive européenne. C’est une source d’énergie qui utilise comme combustible des matériaux issus de la nature qu’ils soient d’ordre végétal ou animal. Après la combustion de la biomasse, la centrale thermique va produire de l’électricité pour alimenter le réseau électrique. À l’échelle industrielle, elle est utilisée dans les carburants. Par exemple, le SP95-E10 (Carburant sans plomb) est composé de 10 % d’éthanol en volume.

L’une des avantages de la biomasse est qu’on sollicite des ressources peu coûteuses et disponibles en grandes quantités. À titre d’exemple, le bois issu des arbres de la forêt est récolté de façon que la forêt ait le temps de se reconstituer. De quoi mettre en avant son caractère renouvelable.

Malheureusement, sa faible densité énergétique par rapport aux combustibles fossiles nécessite plus de volume que d’habitude pour fournir la même quantité d’énergie. Du coup, son retour sur investissement énergétique est très faible. Si on imposait la biomasse dans les zones urbaines, cela provoquerait des problèmes logistiques, de trafic, et d’installation de stockage. L’autre inconvénient à ne pas oublier est qu’elle est émissive en CO2, donc destructrice pour l’environnement si l’emploi des ressources naturelles est abusivement exploité.

 

Réalité n°9 : Le nucléaire, c’est comme prendre l’avion

S’il y a une chose que la France peut être fière, c’est sa politique énergétique avec le nucléaire. Les années 1970-1980 correspondaient à sa période dorée, car de nombreux réacteurs ont été massivement construits partout dans le monde. Le nucléaire a l’avantage d’être une source dense et peu émissive en CO2. Encore mieux, il ne pollue pas l’eau, les terres et l’air dans la plupart des conditions.

Cependant, il existe quelques événements malheureux qui ont faussé sa perception au point de véhiculer des arguments idéologiques.

En mars 1979, l’accident sur la centrale nucléaire de Three Mile Island en Pennsylvanie suite à une fusion classée 5 sur 7 à l’échelle internationale, a constitué un tournant décisif dans la politique énergétique des États-Unis. Premièrement, le président de l’époque Jimmy Carter a ordonné l’arrêt de construction de nouvelles centrales malgré l’absence de morts humains. Deuxièmement, il a suscité de nombreux débats sur la sécurité nucléaire au sein des décideurs politiques et de l’opinion publique.

En avril 1986, la centrale nucléaire de nucléaire de Tchernobyl sous l’ère de l’Union Soviétique s’est effondrée littéralement suite à une fusion explosive classé 7 sur 7 à l’échelle internationale. Elle a entraîné des décès au sein du personnel qui travaillait sur le site, des problèmes de santé au sein de la population proche de l’accident et la destruction de la faune et de la flore.

En mars 2011, la catastrophe nucléaire de Fukushima a été causée par un couple séisme/tsunami d’une rare violence selon les scientifiques. Tout comme Tchernobyl, elle est classée 7 sur 7 à l’échelle internationale. Les conséquences sur l’environnement reste un mystère avec la probabilité de déversement d’eaux radioactives dans l’océan. En Europe, elle a un écho notable en Allemagne. La chancelière Angela Merkel décide de sortir du nucléaire. La majorité des réacteurs arrêteront leur service d’ici fin 2021. Les plus récents cesseront de fonctionner à partir de fin 2022. Cette décision n’est la conséquence de son virage pour le gaz naturel avec North Stream. La Russie se frotte les mains si bien que les États-Unis ont lâché du lest.

C’est terrible à le dire. Ces accidents nucléaires représentent une infime fraction de personnes décédées. Dans ce sens, le nucléaire par rapport à d’autres sources d’énergie, c’est comme comparer l’avion à la voiture. Vous avez plus de chances d’avoir un accident en voiture qu’en avion. Et pourtant au niveau psychologique, les personnes ont peur de prendre l’avion que de conduire une voiture. Pourtant, les statistiques démontrent le transport aérien est plus sûr que le transport terrestre. Et lorsqu’il y a un crash d’un avion, l’impact médiatique est énorme, car le nombre de rescapés est relativement faible.

L’énergie nucléaire reste quant même sûre et efficace. Les trois accidents nucléaires concernaient des centrales construites dans les années 1960-1970. À cause des pression politiques et publiques, il y a peu d’argent investi pour la recherche et développement. C’est dommage qu’on n’avance pas sur des projets dans la gestion des déchets radioactifs et la construction de petits réacteurs modulaires. Ce qui permettrait de rendre l’énergie nucléaire plus sûre. D’ailleurs, la Chine avance dans cette voie pour l’après-charbon.

 

Les meilleures idées d’investissement pour profiter de la transition énergétique

Alors que toute le monde croyait que l’investissement ESG allait mettre à genou les énergies fossiles, il semblerait qu’on fasse machine arrière sur les étapes de la transition énergétique. Les décideurs politiques mettent la charrue avant les bœufs sans se rendre compte du coût énergétique, environnemental, financier et d’acceptation sociale. La crise énergétique en Europe témoigne de la dure réalité. Et ce n’est pas en contrôlant les prix de l’énergie qu’on va arrêter la spirale inflationniste.

Passer rapidement aux énergies renouvelables nécessite un volume stratosphérique pour produire la même quantité d’énergie que les énergies fossiles. Les progrès technologiques en matière de stockage ne vont pas changer la donne de sitôt. Le recyclage pose problème. Et il n’est pas étonnant que cela dérange les écologistes. L’objectif « zéro nette d’émission » d’ici 2050 semble flou. Cela revient à dire qu’on va autant consommer d’énergies renouvelables que d’énergies fossiles.

Pensez aux entreprises midstream pour profiter de la hausse du prix du pétrole

C’est pourquoi investir dans le pétrole reste toujours d’actualité. Les majors pétrolières ont réduit leur CAPEX (dépenses d’investissement) en raison de la faiblesse des prix du baril au cours des années 2010. Cela s’expliquait par la surcapacité de production dans le pétrole de schiste américain et la course aux parts de marché à prix soldé de l’Arabie Saoudite. Maintenant que le Covid-19 a clarifié les choses en faveur du Royaume, le manque d’investissement pour répondre à la demande se fait sentir. Sans crier au complot, l’OPEP fait déjà l’effort pour augmenter la cadence de production.

Il serait réducteur de vous contenter d’avoir des majors pétrolières en portefeuille pour profiter du renouveau de l’or noir. Pourquoi pas vous intéresser aux entreprises midstream, c’est-à-dire des sociétés qui interviennent au milieu de la chaîne de production dans le transport et le stockage de pétrole. J’ai une préférence pour Enterprise Products Partners (EPD) aux États-Unis et Enbridge (ENB) au Canada. D’ailleurs, ce sont deux sociétés qui possèdent un excellent historique d’années consécutives de hausse de dividende.

Utilisez le même refrain pour le gaz naturel

Le gaz naturel fait apparemment partie du pacte de la transition énergétique. Tout comme le pétrole, il a été victime des surcapacités de stockage liées au surinvestissement des années 2000. Alors qu’il traînait sa patte pendant une longue disette, les prix du gaz naturel sont en furie depuis quelques semaines si bien que les décideurs politiques paniquent en prenant des mesures contreproductives.

Enterprise Products Partners et Enbridge opèrent également dans les gazoducs. Si vous désirez trouver d’autres alternatives, jetez un œil sur Gaztransport et Technigaz (GTT). L’entreprise française basée au Sud des Yvelines propose des solutions de confinement et services dans le stockage et transport du GNL (Gaz Naturel Liquéfié) en voie maritime. Par ailleurs, restez à l’écart de Gazprom et des utilities en raison du risque réglementaire et politique.

L’uranium à couper le souffle

Concernant l’uranium, les yeux seront rivés sur la Chine qui a l’ambition de délaisser progressivement le charbon au profit de la technologie nucléaire. La pollution de l’air est une préoccupation du peuple au point d’être une source de colère. On n’oubliera pas de surveiller ce que se passe au Royaume-Uni qui a entrepris le virage nucléaire au détriment du charbon avant-même le Brexit.

La majorité des valeurs occidentales de l’uranium se trouvent au Canada. 9 % des réserves mondiales se trouvent dans le pays d’érable. On assiste à un regain d’intérêt depuis le début de l’année 2021. Parmi elles, il y a Cameco (CCJ), NexGen Energy (NXE), Denison Mines (DNN) et Energy Fuels (UUUU). Néanmoins, vous devez avoir le cœur solide en raison de leur fort bêta. Si ça vous tente, passez par le biais des options à travers des achats de call proche de la monnaie.

Privilégiez le solaire et l’éolien pour les énergies renouvelables. Soyez sélectif !

L’accélération des investissements dans les énergies renouvelables est nécessaire pour répondre aux exigences de la lutte contre le réchauffement climatique. Ma préférence pencherait pour le solaire et l’éolien pour des questions de faisabilité technique. Leur part respective dans le réseau électrique va augmenter graduellement. Les plans d’infrastructures des deux côtés de l’Atlantique y consacrent une partie.

Les idées d’investissements ne manquent pas. Dans le solaire, vous avez souvent le réflexe de penser aux producteurs de panneaux comme First Solar (FSLR) et SunPower (SPWR). Savez-vous qu’il existe des entreprises qui proposent d’autres éléments cruciaux dans la conversion de l’énergie solaire à l’énergie électrique ? Parmi elles, il y a Enphase Energy (ENPH), Solar Edge (SEDG) ou encore Beam Global (BEEM). Dans l’éolien, l’Europe a des champions comme Vestas (VWS), Orsted et Cadeler (CADLR) au Danemark, Nordex (NDXG) en Allemagne, et Siemens Gamesa (SGRE) en Espagne.

Et si vous cherchez la simplicité, vous pouvez investir en direct ou via les options sur les ETF comme Invesco Solar (TAN) et iShares Global Clean Energy (ICLN). En termes de génération de dividende, j’apprécie la REIT Hannon Amstrong Substainable Infrastructure Capital (HASI).

Les matières premières bien sûr !

Il est possible d’adopter une vision perverse. Être un bon investisseur ne nécessite pas d’avoir une bonne conscience. Surtout lorsque vous faites référence aux énergies renouvelables. En effet, elles sont gourmandes en métaux qui sont extraits de manière énergivore.

Les métaux qui sortent du lot sont le cuivre, l’argent, le platine, le nickel, le cobalt, etc. Ils ont le double avantage de profiter du boom économique et d’être une protection contre l’inflation le cas échéant.

 

Les énergies fossiles seront encore là pour accompagner la transition énergétique

Beaucoup de personnes mesurent mal la difficulté de substituer progressivement les énergies fossiles par les énergies renouvelables. Les 9 réalités mentionnées dans cet article le prouvent amplement. Il est regrettable de mettre de côté le nucléaire même si certains pays ont décidé unilatéralement de l’abandonner.

Les craintes que suscitent les critères de l’investissement ESG offrent curieusement des opportunités asymétriques. Je pense au fil du temps que l’écart de perception entre ambition et réalité sur le terrain sur la transition énergétique sera favorable à moyen-long terme aux pétrole, gaz naturel et l’uranium. Leur demande est amenée à croître pour des raisons à la fois cycliques, structurelles et politiques. D’autant que les actions des trois industries les plus décriées par les écologistes se cotent à des valorisations raisonnables. Apparemment à la date de l’article, le potentiel à la hausse reste important.

Étant pragmatique que rêveur, je persiste à croire que les énergies renouvelables comme le solaire et l’éolien n’ont pas la capacité à damner le pion aux énergies fossiles. En plus de leur intermittence et leurs limites techniques, ce serait encore plus polluant tant en amont qu’à l’aval si on cherche à faire l’équivalent des sources d’énergies antérieures.