Comment évaluer le cours d’une action grâce au PER

Comment évaluer cours action price earnings ratio

Lorsque vous souhaitez évaluer le cours d’une action, le premier réflexe est de regarder son prix. Malheureusement, c’est une grave erreur que font la plupart des investisseurs débutants n’ayant pas pris le temps de se former. En faisant simple, la vraie évaluation du prix d’une action se cache derrière la capacité bénéficiaire de l’entreprise dans les années futures, caractérisée par un ratio financier qui s’appelle le Price Earnings Ratio (PER).

 

La définition du Price Earnings Ratio

Ratio financier le plus souvent relayé par les médias financiers, le PER a pour but d’évaluer le cours d’une action par rapport au bénéfice. Il indique ce que l’investisseur est prêt à payer pour toucher un euro ou un dollar de bénéfice. Mathématiquement, il se calcule en divisant le cours de l’action par le BPA (Bénéfice net par action) ou bien par le rapport entre la capitalisation boursière et le bénéfice net.

PER = Cours de l’action / BPA ou Capitalisation boursière / Bénéfice net

Pour vous expliquer simplement, prenons l’exemple de l’entreprise X dont son cours de Bourse est coté à 100 € pour un BPA de 10 €. Au final, le PER est égal à 10. Cela signifie également que l’investisseur devra patienter pour une durée de dix ans afin de rentabiliser son investissement.

Tout ce qu’il espère, c’est que la croissance des bénéfices de l’entreprise augmentera chaque année pour voir une baisse de la durée de son retour d’investissement à condition qu’elle oscille plus que celle du cours de Bourse de l’entreprise X. Malheureusement, le milieu boursier n’évolue pas de manière conventionnelle.

Par ailleurs, si vous faites preuve de bon sens, le PER ne s’applique pas pour évaluer des entreprises déficitaires.

 

Attention aux idées reçues du PER cher et bon marché

Si vous écoutez les gérants qui passent chez BFM Business ou Bloomberg à propos du Price Earnings Ratio, vous risquez de perdre votre latin. Cela reste un outil d’analyse et pas une science exacte. En toute franchise, c’est un ratio financier que j’utilise avec subtilité pour prendre mes décisions d’investissement.

Revenons au débat du PER cher et bon marché pour évaluer correctement le cours d’une action. Le moins que je puisse vous dire, c’est d’aller majoritairement à l’encontre des idées reçues. Évidemment, acheter une action avec un PER de 30 à 40 exige de réfléchir par rapport à ses perspectives de croissance.

Tranchons dans le vif.

Mieux privilégier des actions avec un PER raisonnablement cher

Un PER cher n’est pas rédhibitoire. Premièrement, c’est le signe que les investisseurs ont confiance sur les perspectives de croissance de l’entreprise à moyen et long terme. Deuxièmement, les entreprises de belle qualité ont historiquement un PER élevé. D’où l’intérêt général d’acheter dans les creux à bon compte. Troisièmement, le retour pour l’actionnaire est généralement au rendez-vous en plus d’un dividende en croissance régulière.

En contrepartie, une entreprise de belle qualité ne doit pas trop décevoir lors de ses futures publications de résultats financiers parce que les investisseurs habitués aux bonnes nouvelles seront de plus en plus exigeants. Le moindre grain de sable peut se servir de prétexte à la baisse au niveau de son cours de Bourse.

Un PER bon marché peut conduire à une mauvaise évaluation du cours de l’action

Pour ma part, l’investissement value qui se résume à un PER bon marché. Non merci ! Vous allez tout droit au mur.

Pour un PER bon marché, il faut chercher les bonnes réponses. Cette faible valorisation peut s’expliquer mécaniquement par une hausse du BPA sans que son cours de Bourse monte sensiblement. Là, j’ai du mal à y croire.

Je crois personnellement qu’elle est plutôt d’ordre fondamental. L’entreprise voit ses fondamentaux se dégrader rapidement et n’est pas capable de s’adapter à une nouvelle donne sur son secteur d’activité de prédilection. Pour enfoncer le clou, sa situation financière est en alerte rouge.

Par exemple, les valeurs bancaires, malgré leur rallye depuis le Brexit, ressemblent à des avions qui n’ont pas de train d’atterrissage ou en panne d’essence. Le retour pour l’actionnaire peine à retrouver ses niveaux d’avant-crise. Pourquoi les banques centrales sont encore à la rescousse. Même la FED est toujours à la manœuvre dans le plus grand secret. Au niveau de l’analyse technique, elles peuvent encore monter mais ce n’est pas une fin en soi sur le long terme.

En vérité, un PER bon marché représente potentiellement une prime de risque élevée. Soyez prudent car ça peut être un piège pour tondre les moutons.

 

Les inconvénients du PER pour évaluer le cours d’une action

Pour évaluer le cours d’une action, se focaliser uniquement sur sa valeur comptable n’est pas fiable parce que le PER a l’inconvénient de ne pas prendre en compte la nature du secteur d’activité et les effets inflationnistes.

Pour le premier, comparer deux entreprises du même secteur d’activité a plus de sens.

Quant au second, les entreprises ont tendance à augmenter les prix en période d’inflation élevée afin de booster artificiellement leurs bénéfices alors qu’en période d’inflation faible ou nulle, elles sont réticentes à les faire baisser. Le revers de la médaille est qu’elles sous-estiment les coûts de stockage et les frais d’amortissement en raison de la hausse des coûts de renouvellement de stocks. Du coup, les PER sont tirés généralement vers le bas.

 

Price Earnings Ratio : Simple à calculer avec des imperfections

Facile à calculer, il est préférable d’analyser le PER du cours de l’action sur une période considérable mais l’inflation complique les choses. De fait, le bénéfice net peut masquer des éléments comptables non négligeables. D’où l’intérêt de bien analyser les trois documents comptables (compte de résultat, bilan actif passif et tableau de flux de trésorerie) avant d’investir sur le marché actions.

Bref, évaluer le cours d’une action par l’intermédiaire du Price Earnings Ratio n’est pas une fin en soi. Certes, je le répète. Malheureusement, les investisseurs particuliers se font généralement piégés. Il existe d’autres ratios boursiers pour corriger ses imperfection. En premier lieu, le Shiller PE.

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Sovanna Sek
Sovanna SEK est un investisseur de long terme passionné par la Bourse avec pour modèle, Warren Buffett. Il vous donne des conseils pratiques pour construire et gérer un portefeuille boursier rentable sur le long terme.

Il est également un défenseur de la stratégie buy and hold et de l'or.