3 phases d’un marché baissier : Comment un château de cartes s’écroule

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Un marché baissier, ça ne fait pas plaisir aux gérants, investisseurs institutionnels et particuliers. Bien qu’il fait partie de la vie de la Bourse, la majorité d’entre eux cherchent des boucs émissaires à leurs erreurs.

Pourtant, vous allez apprendre d’un marché baissier. Pourquoi ?

Parce que vous allez apprendre sur vous-même, en particulier vos limites.

Parce que c’est le moment de remettre la tête à l’endroit en revoyant les principes de base de l’investissement en Bourse.

Parce que c’est le moment d’adopter des stratégies dont vous n’avez pas eu l’occasion de les tester.

Si le marché baissier se concrétise dans la durée, l’heure sera à l’observation. Rien ne sert de vous précipiter à l’achat sur des actions de belle qualité. Elles peuvent être cotées de plus en plus bas indépendamment de leurs fondamentaux.

D’où l’importance d’analyser les 3 phases d’un marché baissier. Beaucoup d’entre vous vont faire référence à celui de 2007-2008 pour des questions de proximité historique. Moi, je vous propose de prendre le marché baissier du Dow Jones Industrial Average durant les années 1930 marquées par la Grande Dépression.

 

marché baissier Dow Jones Grande Depression

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SP 500 bear market en cours

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Inutile de vous faire un dessin, ce n’est pas joli à voir.

 

Phase n°1 : Une chute violente des marchés

La première phase, c’est une chute soudaine des indices boursiers. Tout le monde est pris de court. Me concernant, j’ai failli être ruiné à cause de mon appel de marge fin février-début mars 2020. Mes ventes d’options ont pris la poudre d’escampette. J’ai été contraint de vendre ma plus-value sur Apple. Fort heureusement, je pouvais compter sur mes positions sur l’or physique comme collatéraux pour augmenter mon appel de marge.

Le Dow Jones des anciens temps a perdu 49 % de sa valeur de marché. Le S&P 500 avec le poids des GAFA d’environ 35 %. La comparaison est certes faussée entre les deux indices américains pour des raisons structurelles, mais ça défonce bien à la baisse.

Le S&P 500 a cassé à la baisse son oblique haussière de fin 2018 et reste en sursis au-dessus de celle de mars 2009. La douleur fait mal pour les investisseurs qui ont acheté au pic autour de 3 300-3 400 points.

 

Phase n°2 : Un rebond en trompe-l’œil

La seconde phase du marché baissier, c’est un rebond qui s’avère être un trompe-l’œil. C’est là où les newsflow alternent l’optimisme béat et le pessimisme. On essaye de vous vendre tout et n’importe quoi pour vous convaincre que c’est le bon moment d’acheter.

C’est la phase où vos émotions sont mises à rude épreuve. Vous succombez à des achats impulsifs.

C’est la phase où tout semble revenir à la normale. Les investisseurs particuliers qui se sont rués en Bourse au milieu de la phase n°1 du marché baissier, se réjouissent d’avoir fait une belle affaire. Chapeau pour eux à court terme mais point d’interrogation à moyen-long terme.

La bonne nouvelle est que le rebond actuel sur le S&P 500 est en cours. Pourquoi pas rêver des 3 000 points ?

La mauvaise nouvelle est que les grosses mains sont absentes. Il n’y a pas de densité dans les volumes d’échanges. Quand bien même la légende de la Bourse, Warren Buffett persiste à maintenir un pourcentage de cash important, il a réduit ses participations dans les compagnies aériennes et banques américaines. Son acolyte Charlie Munger n’est pas pressé d’acheter.

Ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué.

 

Phase n°3 : Game over

Ce serait le game over du marché haussier depuis mars 2009. Le château de cartes s’effondre. Pour que ça arrive, il faudrait des newsflow plus pires que ceux intervenus lors de la phase n°1 du bear market.

Dans une situation de stress financier, il n’y a pas de rationalité dans les décisions des investisseurs. Ceux qui s’abusent de l’effet de levier, doivent faire face à leur appel de marge. Pour sauveur leur peau, ils vendent ce qu’ils peuvent et non ce qu’ils veulent. Ce qui m’était arrivé lorsque mes ventes d’options m’ont failli mettre la tête sous l’eau durant la phase n°1.

Imaginez que j’ai la casquette d’un hedge fund américain. Eh bien, je vends les actions européennes – non parce que je déteste les actions européennes mais parce qu’elles sont en partie liquides et faciles à échanger pour constituer des réserves de cash et augmenter mon appel de marge.

Vous aurez compris que les indices boursiers vont creuser profondément avec de nouveaux plus-bas historiques jusqu’au désespoir.

Les derniers optimistes s’accrocheront à l’orgie monétaire des banques centrales. Elle limite la baisse du marchés actions. Un moment donné, il y a des limites.

Ce que je crains personnellement avec les politiques monétaires accommodantes des banques centrales plus particulièrement aux Etats-Unis, c’est un retour en pleine face de l’inflation 2.0 à court-moyen terme. D’où mon scénario fantaisiste de dépression inflationniste.

Si c’est le cas, nos habitudes d’investissement des dernières décennies vont radicalement changer. Prime aux actifs tangibles avec l’or, l’argent et le pétrole sur le podium. Je mettrais également une pièce sur les REITs immobiliers sous certaines conditions.

 

Entre 1 500 et 2 000 points sur le S&P 500 pour acheter ?

La seule note positive est que nous sommes dans un marché baissier en suspens. Tant qu’il n’y aura pas de points hauts de moins en moins hauts et des points bas de plus en plus bas, tous les espoirs sont permis. Il faut absolument que l’oblique haussière du S&P 500 qui date de mars 2009 tienne. Dans le cas contraire, cela entraînera toutes les places financière mondiales vers le Sud.

Les prêcheurs de l’apocalypse vont s’en donner à cœur joie. Rassurez-vous, je n’en fais pas partie. Par contre, je suis un investisseur de long terme Pile ou Face. En temps de crise, c’est toujours bon d’avoir une roue de secours.

Pile, longue vie aux actions et les dividendes qui coulent à flot.

Face, avoir de l’or et l’argent physique (et non des ETFs à la noix comme le GLD, GBS, IAU) sous votre matelas, c’est toujours mieux pour vous protéger contre l’inflation 2.0.

Je préfère rester à l’écart du marché. L’idée d’acheter des options PUT ou établir des stratégies de vente capées est plus adaptée à l’environnement actuel.

La nature du rebond technique n’est pas saine. Nous avons une récession qui risque de durer. Je me méfie des politiques monétaires accommodantes des banques centrales et leurs conséquences. Certains pans de l’activité économique risquent de panser leurs plaies pendant un long moment comme le tourisme, les transports, les loisirs, les restaurants et les petits commerces.

Si ça tient qu’à moi, je serais plus à l’aise à acheter des actions de belle qualité ou renforcer mes lignes actuelles à condition que le S&P 500 se trouve dans la zone entre 1 500 et 2 000 points. Peut-être que ce sont des niveaux qui pricent le pire de la récession. Mais comme chaque marché baissier est unique, le pourquoi pas aller plus bas est possible.